CINU Brazzaville Centre d'Information des Nations Unies
La Planification Familiale: Des Besoins non Satisfaits en Republique du Congo Version imprimable Suggérer par mail
14-07-2008

« Une femme est supposée avoir des besoins non satisfaits en matière de planification familiale lorsque, désirant espacer ou limiter ses naissances, elle n’a pas accès à la contraception ». Ainsi s’est exprimé M. Gervais Beninguisse, auteur d’une étude intitulée « Les besoins non satisfaits en matière de planification familiale en République du Congo », le 14 juillet 2008, à Brazzaville.

World Population Day Celebration16% de congolaises en union désirant espacer ou limiter leurs naissances n’ont pas accès à la contraception a précisé l’orateur qui est coordonnateur de la recherche à l’Institut de Formation et de Recherches Démographiques (IFORD) basé à Yaoundé, Cameroun, au cours d’une conférence de presse organisée par le Centre d’Information des Nations Unies (UNIC) avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) dans la suite de la Journée Mondiale de la Population.

L’étude dont la population cible est composée des femmes de 15 à 49 ans vivant en union, rapporte que les besoins non satisfaits concernent les femmes enceintes dont la grossesse n’était pas voulue, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance n’était pas voulue. Les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, n’utilisant pas de méthode contraceptive et déclarant ne plus vouloir d’enfants sont également concernées. Celles qui ne sont pas sûres de vouloir un autre enfant ou qui veulent un autre mais ne savent pas à quel moment l’avoir intègrent cette catégorie.

World Population Day CelebrationLa République du Congo figure au rang des pays d’Afrique dont les niveaux de fécondité et les risques liés à la maternité sont les plus élevés avec en moyenne 4,8 enfants par femme (3,1 en milieu urbain contre 6,1 en milieu rural, souligne l’étude. Le ratio de mortalité maternelle est de 781 décès maternels pour 100000 naissances vivantes. Le quotient de mortalité infanto-juvénile de 117 décès pour 1000 naissances vivantes.

Le rôle de la planification familiale dans la réduction des niveaux de mortalité maternelle et infanto-juvénile a été empiriquement démontré par la prévention des grossesses, la diminution de risque des décès des suites de grossesse ou d’accouchement. La planification familiale prévient les grossesses non-désirées, diminue sensiblement le risque de décès de l’enfant au cours de sa première année de vie ainsi que les complications de grossesses ou d’accouchement chez la mère. De même, elle réduit les taux de déscolarisation des filles, diminuant ainsi les inégalités entre hommes et femmes en matière d’instruction et d’accès aux emplois qualifiés.

La fréquence des besoins non satisfaits en matière de planification familiale des femmes en union est particulièrement élevée parmi les femmes de niveau primaire ou plus, au chômage (et ou leur conjoint est), jeunes de 15-24 ans, multipares et plus encore chez celles qui ont 6 enfants ou plus, qui ne discutent pas de planification familiale avec leur conjoint et ce même si la femme l’approuve, vivant dans les couples hypogames  (femme plus instruite que son conjoint), ayant un conjoint plus âgé. 

Globalement au Congo, le pouvoir de décision en matière de procréation et de planification familiale relève encore de façon prépondérante du conjoint. Le nombre d’enfants atteint par la femme, son âge, son milieu de résidence, son occupation, son niveau d’instruction ainsi que le chômage des deux conjoints constituent des facteurs principaux déterminants de la fréquence des besoins non satisfaits en matière de PF au Congo, indique l’étude.

Les résultats ont mis en évidence l’impact prépondérant des facteurs démographiques, socio-économiques et psycho-sociaux dans l’occurrence des BNS en matière de PF au Congo. Ces résultats suscitent quelques implications pour l’action en faveur d’un renforcement du programme de PF.

Modérée par Prosper Mihindou, Chargé de Communication de l’UNIC, cette conférence de presse a connu la participation de M. Richard Dackam-Ngatchou, Coordonnateur Résident a.i. du système des Nations Unies et de M. Frédéric Nkéoua de l’Association Congolaise pour le Bien - Etre Familial (ACBEF), consultant dans cette étude.

 
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